04/07/2008"détail" suite: le repos du guerrier ou la victoire de VénusDans le Mars et Vénus de Botticelli à la National Gallery
les satyres (pas de gentils amours) ont beau chahuter, sonner du buccin, essayer de dresser la lance: Mars dort profondément. L'emplacement de sa main droite relachée et la pose de son index suggèrent son épuisement amoureux...
Vénus de sa main gauche a légèrement remonté son voile découvrant sa jambe gauche au genou. Mais provoquant de ce fait un repli du tissu qui "montre" hostensiblement ce qu'il cache.
03/07/2008Un "détail" La Villa Farnesina à Rome est un délicieux petit palais, construit à la demande du siennois Agostino Chigi au début du seizième siècle de l'autre côté du Tibre.
Raphaël et son atelier, Sebastiano del Piombo, Il Sodoma et Peruzzi ont participé à la décoration.
La première pièce que l'on découvre en visitant la Villa est la "loggia di Amore e Psiche" dont la voute est décorée par Raphaël et son atelier.
Envoyé par Venus pour annoncer aux hommes qu'elle cherche Psyché, la maitresse de son fils, Mercure ouvre le cycle narratif; à gauche en pénétrant dans la loggia.
De sa main gauche déployée, il indique dans la guirlande ce que l'on peut considérer comme le fin mot de l'histoire, sa cause finale et sa fin, ce qui cause la colère de Vénus, et qui , finalement mène le monde selon la belle formule: "omnia vincit amor" (D.Arasse)
Etonnant, non? 27/05/2008Billy Budd un rôle pour "barihunk"
Rodney Gilfry (Opéra Bastille 1996)
La ballade de Billy aux fers à la scène III de l’acte II de la version en deux actes est directement issue du « Billy Budd, sailor » d’Herman Melville :
Billy in the darbies
Good of the chaplain to enter Lone Bay
And down on his marrowbones here and pray
For the likes just o’ me, Billy Budd.- But look:
Trough the port comes the moonshine astray!
It tips the guard cutlass and silvers this nook;
But ‘twill die in the dawning of Billy’s last day.
A jewel-block they’ll make of me tomorrow,
Pendant pearl from the yardarm-end
Like the eardrop I gave to Bristol Molly-
O, ‘tis me, not the sentence they’ll suspend.
Ay, ay, all is up; and I must up too,
Early in the morning, aloft from allow.
On an empty stomach now never it would do.
They’ll give me a nibble- bit o’ biscuit ere I go.
Sure, a messmate will reach me the last parting cup;
But, turning heads away from the hoist and the belay,
Heaven knows who will have the running of me up!
No pipe to those halyards. –But aren’t it all sham?
A blur’s in my eyes; it is dreaming that I am.
A hatchet to my hawser? All adrift to go?
The drum roll to grog, and Billy never know?
But Donald he has promised to stand by the plank;
So I’ll shake a friendly hand ere I sink.
But- no! It is dead then I be, come to think.
I remember Taff the Welshman when he sank.
And his cheek it was like the budding pink.
(But me) They’ll lash (me) in hammock, drop me deep.
Fathoms down, fathoms (down),-how I dream fast asleep.
I feel it stealing now…(Sentry, are you there?
Just ease these derbies at the wrist,
And Roll me over fair!
I am sleepy, and the oozy weeds about me twist.
Herman Melville
Rodney Gilfry (Opéra Bastille 1996)
11/05/2008pivoines en Corse Fin avril, début mai c'est le moment d'aller observer les pivoines en Corse.
J'ai l'habitude de monter alors, au-dessus de Ota, vers les bergeries de Larata et de Gorgola.
Si la pivoine corse se fait rare, les pentes du col (Bocca a u Verghiolu)que l'on franchit après avoir gravi le ravin de Vitrone recèlent de nombreux pieds
23/04/200823 avril: Saint-GeorgesLes représentations de Saint Georges terrassant le dragon sont nombreuses dès le XIIIème siècle: des icones à Paolo Ucello, Carpaccio, Raphaël, jusqu'à Rubens au XVIIème.
C'est à Venise que St Georges me ramène. Dans l'un des endroits que je préfère:
Nichée au coeur du Castello, la Scuola San Giorgio degli Schiavoni abrite neuf tableaux de Carpaccio, dont trois évoquent la légende de St Georges, les autres St Tryphon ,St Jérôme puis St Augustin.

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Hors de la saison touristique, le matin, il n'est pas rare de se retrouver seul, dans la chapelle du rez-de-chaussée, pour admirer les neuf toiles et laisser conduire sa méditation de gauche à droite,
du très violent combat de St Georges contre le dragon
à la solitude inspirée de St Augustin en extase dans son "studio"
19/04/2008VISITE AU LOUVRE à la suite de Furt et Badinou: cf 18/04On a bien de la chance ,toi , les autres et moi de pouvoir rentrer au Louvre à volonté, un jour pour passer un moment devant les Raphaël; un autre matin, quand le soleil brille, dans la galerie d'Apollon ainsi illuminée; un autre jour encore avec les primitifs français--il n'y a jamais personne devant la sublime "Piéta de Villeneuve-les Avignon".
Moi, au bout d'une heure et demie , deux heures, passées dans une exposition ou un musée, je sature... Le touriste lambda-- que je suis quelquefois ailleurs-- fait le tour au pas de course; et n'a pas toujours loisir de revenir... 16/04/2008BARYTONS Je partage l'admiration de Furt et de Ned pour Simon Keenlyside et je regrette bien de n'avoir pas pu venir voir Wozzeck à Bastille comme je l'avais prévu.
Il doit être superbe en Billy Budd...
Le cuir lui va aussi à merveille:
Comme il sied à Teddy Tahu Rhodes en étonnant Don Giovanni:
Pour ceux qui aiment les Barytons :www.barihunks.blogspot.com
Enjoy
27/03/2008ANNONCIATIONS (suite...)Fra Angelico Cortone, Musée diocésain (1433-34)
Florence, couvent des dominicains San Marco (1450)
L'Annonciation de Cortone est un tableau d'autel, il était destiné au public des fidèles; alors que celui de Florence qui lui ressemble mais qui est en même temps très différent, était situé au premier étage du couvent, "en haut de l'escalier", était destiné aux moines qui passaient devant en se rendant dans leur cellule, ainsi qu' aux laïcs puisque cette parie était publique.
Dans les précédentes Annonciations on a vu l'Incarnation figurée par un désordre de la perspective. Ici, ce sera par le cadrage de l'image. Fra Angelico est un des premiers a avoir conscience de la valeur signifiante du cadrage et à l'utiliser.
Fra Angelico Musée diocésain de Cortone

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Florence, couvent des dominicains San Marco (1450)
Je laisse la plume à Daniel Arasse:
Apparemment les deux images sont pratiquement identiques, c'est le même schéma général. L'Ange arrive par la gauche, la Vierge est sous un portique, la partie gauche de l'image est occupée par le jardin clos, la partie droite occupée par le bâtiment de la Vierge. Celle-ci étant assise sur un trône ou un tabouret. L'Ange a franchi le portique , il est dans la première arcade, la Vierge est dans la deuxième. Entre les deux s'ouvre dans le mur du fond la porte menant à la chambre de Marie pour Cortone, à une cellule de couvent pour San Marco- puisqu'on est dans un couvent, cette chambre, qui est celle de Marie, prend l'aspect d'une cellule de moine dominicain. Le schéma est le même, la rencontre de l'Ange et de la Vierge dans un portique qui fait un angle, le portique s'enfonçant ensuitedans une profondeur vers une sorte de corridor qui aboutit à un mur. A Cortone, tout suggère qu'on a affaire à un bâtiment carré, un cube, avec une façade comportant trois arcades, la colonne d'angle, puis la façade orientée vers nous avec deux arcedes, la troisième étant coupée par le cadrage de l'image. Au milieu de la surface géométrique du panneau se trouve la porte donnant sur la chambre de Marie avec un rideau rouge, dont nous reparlerons peut-être ultérieurement. Voilà le schéma de l'Annonciation de Cortone.
Quand on est à San Marco, le point de fuite s'est déplacé. A Cortone il était au bord exact
du tableau et déterminait un horizon très interessant, l'architecture fuyant légèrement sur la gauche. A San Marco au contraire, le point de fuite est revenu vers le centre de la fresque, et le portique situé sur la gauche du bâtiment vient vers le centre de la fresque. Sur la façade orientée face à nous,on voit les deux arcades, l'Ange et la Vierge sont au même endroit, mais, Fra Angelico, curieusement, a cadré de telle sorte qu'on voit le départ d'une troisième arcade, ce qui était absolument invisible à Cortone. Avec le départ de cette troisième arcade, on ne sait donc plus où s'arrête le bâtiment, parce que l'impression est automatiquement que sur la droite commence un portique dont on ne sait pas où il s'arrêtera.
Ce qui est très interessant, c'est qu'à San Marco, dans cette Annonciation située en haut de l'escalier qui accède au dortoir, au premier étage, dans une zone encore accessible aux laïcs, Fra Angelico a cadré différemment de ce qu'il avait fait à Cortone, et il a représenté le cadre en le peignant en gris. Il imite la pierre, le travertin gris. Ce cadre a lui-même un point de fuite, qui ne correspond pas à celui de la fresque. Dès qu'on commence à regarder cela d'un peu plus près, çà devient d'une complexité et dd'une subtilité extrèmes, car si l'on remarque ce genre de choses, on constate aussi que que le cadre peint en gris a la même couleur que le pilastre gris qui jouxte la fresque sur la gauche. On remarque alors que l'orientation double du corridor peint de l'Annonciation, l'un qui s'enfonce en profondeur sur la gauche, l'autre qui part sur la droite avec son début de troisième arcade, correspond exactement à la réalité des corridors de San Marco qui, à gauche du pilastre réel, s'enfoncent vers les cellules sur la gauche, tandis qu'à droite ils partent à la perpendiculaire , en direction du réfectoire.

On se rend compte que Fra Angelico a conçu le cadrage et la représentation en fonction de la situation réelle de la fresque, de manière que le moine dominicain ou le laïc ayant droit à une cellule--je pense à nouveau à Côme l'Ancien qui avait sa cellule au couvent de San Marco--, passant devant cette Annonciation et disant l'Ave Maria comme le recommande la fresque sur laquelle est inscrit:"N'oublie pas de dire l'Ave Maria quand tu passes devant cette fresque", entrerait dans ub parcours déjà indiqué dans la fresque par le cadrage , à gauche pour aller dans sa cellule, ou biren à droite vers le corridor.
Si je reviens à l'Annonciation de Cortone, c'est très différent puisqiue le cedrage fait que nous voyons rigoureusement trrois arcades sur la gauche , fuyant latéralement vers un point de fuite situé au bord du tableau, et deux arcades de face. Si l'on fait attention ,on comprend qu'il doit y en avoir une troisième parce que sur le mur il y a trois arcs aveugles inscrits , ce qui implique un bâtiment carré de trois arcs sur trois. Mais il n'y a aucune indication d'un corridor se développant vers la droite. Au contraire , c'est une oeuvre close avec un bâtiment de ayant trois arcades sur trois. Cela dit , ce que je vois d'abord, c'est deux arcades face à moi et trois sur le côté. J'imagine alors que le trône de la Vierge s' appuie contre le mur peint. Il faut que je fasse le plan au sol , comme en architecture, de ce bâtiment peint pour me rendre compte qu'en fait le trône de la Vierge n'est pas du tout appuyé contre le mur, mais se trouve au milieu de ces trois arcades , dont l'une est virtuelle. Pourquoi Fra Angelico a-t-il cadré son bâtiment de manière à me faire croire qu'il a deux arches sur trois, en le construisant de telle sorte que je puisse deviner qu'il en a trois sur trois? L a question mérite réflexion , mais je pense que la réponse n'est pas trop complexe parce que, même si ce peintre était un dominicain et donc grand spécialiste en théologie, je crois que ce tableau, destiné aux fidèles de Cortone ne pouvait pas développer savamment des concepts théologiques, il devait les développer visuellement, donc assez simplement. En fait, tel qu'il est cadré a Cortone, ce bâtiment est celui où a lieu l'Annonciation , c'est à dire le moment où Gabriel vient voir la Vierge Marie et lui dit qu'elle concevra le Fils de Dieu, et se conclut par l'Incarnation quand la Vierge demande à l'Ange comment cela serait possible puisqu'elle n'a pas connu d'homme. Il lui est dit: "Rien n'est impossible à Dieu qui est tout Verbe. La vertu du Très-Haut te couvrira de son omnbre...". La Vierge lui répond "Ecce ancilla domini, fiat mihi secundum verbum tuum".Et dans l'instantmême dès lors qu'elle accepte l'Incarnation est faite... Et l'Incarnation c'est le moment ou se réalise la Trinité. Je pense très sincèrement que c'est la raison profonde de ce cadrage singulier de Fra Angelico à Cortone , qui fait que le bâtiment a l'air d'être composé de deux arcs sur trois , alors qu'en fait il a toujours été de trois arcs sur trois. Mais l'Incarnation est ce moment où tout à coup se met en visibilité le "trois en un"qui est celui de l'incarnation de DIEU "trin" comme on disait.
Ce qui me fait penser cela c'est qu'il y a deux autres choses à voir dans l'Annonciation de Cortone à travers du cadrag. L'un de ces éléments est invisible de loin et n'oublions pas que ces tableaux étaient faits pour être vus de loin; nous avons vu qu'unne colonne soutenant deux arcs sépare l'Ange de la Vierge , comme à San Marco. A Cortone leur dialogue est inscrit en lettres d'or. Celui de l'Ange va de gauche à droite. Celui de la Vierge, en revanche, est inscrit de droite à gauche et à l'envers, ce qui est absolument illisible. Non seulement ce n'est pas visible de loin, mais en plus il faudrait retourner le tableau pour pouvoir le lire. Elle répond: 'Ecce ancilla domini, fiat mihi secundum verbum tuum" et je suis heureux d'avoir remarqué que dans cette formule archicanonique que tous les prêtres connaissent, sinon tous les fidèles, on peut lire uniquement: "Ecce ancilla domini" et "verbum tuum". "fiat mihi secundum" a disparu! Ce fiat qui fait l'Incarnation a disparu. On pense d'abord qu'il est passé derrière la colonne , mais quand on regardela salutation angélique , on voit qu'elle est complète, que la colonne n'i,terrompt rien. Ce n'est donc pas derrière la colonne qu'est le "fiat mihi secundum" mais à l'intérieur d'elle; la colonne est le "fait mihi secundum". Il n'y a pas de quoi être trop surpris puisque la colonne st un symbole traditionnel du Christ. Donc, non seulement il y a ce cadrage qui nous suggère le passage d'un bâtiment fait de deux arcs sur trois à trois arcs sur trois, toujours présent mais caché et qui se rend visible maintenant, mais le "fiat mihi secundum" devient iun élément même de l'architecture.C 'est le corps de la Vierge, la Vierge comme temple , comme lieu architectural où se réalise l'Incarnation, autre métaphore très connue de la Vierge comme bâtiment.
Ce qui va encore dans ce sens,et l'on revient ici au cadrage, c'est que celui-ci implique un milieu géométrique du tableau, où se croisent les diagonales. Dans cette Annonciation de Cortone, alors que le point de fuite est latéral, le centre géométrique est occupé parla porte donnant sur la chambre de la Vierge, très obscure, où tout ce que je peux voir est l'angle d'un lit et le baldaquin rouge du lit de Marie. Deux choses peuvent être observées à ce propos. Premièrement, si l'on fait le plan au sol du lit par rapport au bâtiment, on se rend compte que le lit n'entre pas dans celui-ci. Il est insituable, au-delà du mur du fond, donc il échappe à la règle de la perspective. La perspective mesure le monde, mais le mystère du corps de la Vierge échappe à toute mesure. C'est le saint des saints obscur. Je ne vois donc que cet angle du lit qui me situe au-delà de toute perspective , et le rideau rouge , au centre géométrique de l'image , sur laquel vient s'inscrire, parfaitement à plat, l'auréole de l'Ange Gabriel. Et là se pose une autre question: pourquoi ce rouge au milieu du tableau avec l'auréole d'or s'inscrivant desssus? La Vierge vit après tout dans une petite maison très pauvre--et de ce point de vue l'Annonciation de San Merco est plus juste, où il n'y a qu'un tabouret et une petite cellule--alors pourquoi ce baldaquin rouge? Le rouge, c'est évidemment la couleur du sang, et qu'apporte la Vierge à l'Incarnation? Son sang. La femme donnait le sang, et l'homme la forme. Dieu donne l"homonculus", ce sera le petit Jésus, qui dans certaines Annonciations apparaît portant déjà sa croix. Je pense donc que ce rideau rouge au coeur géométrique du tableau, dans l'obscurité au-delà de toute mesure de la chambre de la Vierge , c'est le sang de la Vierge qui va donner matière au orps du Christ, à l'Incommensurable figuré par l'auréole d'or.
26/03/2008ANNONCIATIONS (suite...)Piero della Francesca Arezzo La Légende de la Vraie Croix (1455)
Pérouse Fronton du retable de St Antoine Musée National
d'Ombrie (1470)
Arezzo La Légende de la Vraie Croix (1455)
L'épisode de l'Annonciation ne fait pas partie en principe de la Légende de la Vraie Croix, mais permet au peintre de mieux la faire comprendre puisque c'est l'Incarnation qui donne tout son sens au récit.
La fresque est située en bas à gauche sur le mur du fond de la chapelle.

Dans ce tableau, Gabriel est un peu “hors-sol” tandis que Marie est bien ancrée sur le sol: l’immanence s’oppose à la transcendance. En théologie, le passage de l’immanence à la transcendance s’appelle la grâce, et le passage de la transcendance à l’immanence l’incarnation. Dieu est au sommet d’un triangle dont les bases sont Gabriel et Marie. Une colonne sépare le monde extérieur de Gabriel et le monde de la chambre de Marie: l’espace est ambigu. Un rayon venant de Dieu vient frapper Marie. Les gestes sont eux aussi symboliques: Dieu a un geste de don, Gabriel, un geste de bénédiction, et Marie un geste de peur. Ce geste correspond au premier moment de la série des réactions représentées dans les Annonciations: la peur ou la surprise, le doute, puis la soumission et l’acceptation. Chaque annonciation choisit un de ces trois moments. Le peintre fait également le choix de représenter une annonciation per utero ou per aurem. Ici, l’annonciation per aurem met en valeur la puissance séminale du Verbe. L’annonciation rassemble souvent en un instant et un point (spatial et temporel) plusieurs scènes: il y a juxtaposition de temps différents dans une même scène. Par exemple, dans l’annonciation de Piero della Francesca, Dieu est bien sûr du côté de l’intemporel. La croix dans la fenêtre au-dessus de Marie est du côté du futur en tant qu’annonce du Christ, et Gabriel et Marie sont dans le présent de la scène.
L'architecture est classique mais le point de fuite de la perspective est placé non au centre mais à droite derrière Marie.
Pérouse Musée National d'Ombrie
Fronton du retable de Saint Antoine (1470)
Dans une parfaite perspective on retrouve les éléments habituels de l'Annonciation.
Le jardin clos est dissimulé à gauche derrière l'Ange, on devine la chambre de la Vierge à droite. La colombe et la pluie d'or qui descend sur la Vierge . L'attitude de la Vierge est plus d'acceptation, elle tient toujours un livre dans sa main droite.
Mais en y regardant de plus près on s'aperçoit, en s'aidant des dalles brunes du pavement que l'Ange et la Vierge qui semblent se faire face sont en fait séparés par une double colonne (invisible!). Et que la plaque de marbre au fond du couloir ou le point de fuite de la perspective mène impérativement nos yeux est traitée exactement comme si elle était à portée de nos mains. Cette disproportion lui fait échapper à toute perspective. Et "figurer" avec la colonne invisible le Mystère de l'Incarnation... 25/03/2008ANNONCIATIONS (suite...)Domenico Veneziano (1445) Cambridge Fitzwilliam Museum
Deux personnages seulement, l'Ange et la Vierge; pas de colombe, de Dieu; pas de rayon ou de parole échangée. La Vierge est recluse derrière son rempart de colonnes, dans une attitude d'acceptation , les bras croisés sur la poitrine. L'Ange occupe plus d'espace son attitude est respectueuse, un genou fléchi. L'index de la main droite est dressé, indiquant Dieu; la main gauche tient un lys,dont les trois fleurs empiètent sur le jardin clos symbole de la (triple) pureté de Marie.
Une parfaite perspective règle l'espace, s'ouvre sur le jardin clos (pureté de Marie, toujours). Le point de fuite est situé sur le loquet(de placard) de la lourde porte ( Marie ET Jésus) de ville qui clôt le petit jardin. Disproportionnée cette porte échappe à toute perspective ....C'est là que notre oeil est mené pour y voir une "figuration" de ce qui est annoncé: L'Incarnation 24/03/2008ANNONCIATION (S)25 MARS
L'occasion d'aller revisiter avec Daniel Arasse les représentations de l'Annonciation au Quatrocento.
Tout d'abord quelques-unes qui les ont précédées, particulièrement à Sienne.
1291 Pietro Cavallini, mosaïste de Santa Maria in Trastevere
1302 Duccio di Buoninsegno (Maesta) Museo del Opera del Duomo Sienne
1303-1305 Giotto (Padoue, chapelle des Scrovegni)
1333 Simone Martini (Offices Florence)
1335 Bernardo Daddi (Louvre)
1340 Barna di Sienna (San Gimignano)
1344 AMBROGIO LORENZETTI (Pinacothèque de Sienne)
l' archange "auto-stoppeur"
et la "colonne" médiane
virtuelle puis matérialisée dans le carrelage où s'ébauche aussi une perspective.
C'est une "figuration" de Incarnation
13/03/2008Vive la musiqueMahler en douze heures chrono
La venue du LSO à l’Auditorium de Dijon ce samedi 8 mars pour la 7e symphonie de Mahler prend les allures d'une folle course contre la montre. Que faire quand l’un des plus grands orchestres du monde arrive dans votre salle sans instruments ni partitions ? Récit d'une journée pas comme les autres, ou comment lutter efficacement contre la routine !
Auditorium de Dijon, samedi 8 mars 2008
9h15
Coup de téléphone d'Helen Roden, responsable des tournées du London Symphony Orchestra : il y a un problème ! Le camion qui transporte le matériel de l’orchestre est toujours sur la côte anglaise suite à une grève des dockers français. Impossible de savoir quand le ferry qui l’abrite pourra enfin traverser la Manche. Le camion contient la plupart des instruments, l'intégralité du matériel d'orchestre et, accessoirement, les fracs de concert de nombreux musiciens.
Branle-bas de combat à Dijon : hors de question d'annuler l’un des concerts les plus attendus de la saison. Pour parer au pire, il faut commencer à reconstituer le parc instrumental d'une des symphonies les plus exigeantes en ce domaine. Une liste est rapidement établie : 30 violons, 12 altos, 10 violoncelles, 8 contrebasses, les bois, les cuivres, les percussions ; une centaine d'instruments au total, avec quelques raretés comme le tuba ténor, les bassons système allemand, la mandoline ou les cloches de vaches… Les téléphones commencent à sonner dans les conservatoires bourguignons, chez les loueurs parisiens et les luthiers lyonnais. Nous avons 12 heures devant nous…
12h40
Les instrumentistes du LSO arrivent à l'aéroport de Dijon-Longvic, en pleine journée portes ouvertes. Ils prennent peu à peu connaissance de la situation : le flegme anglais n'est pas une légende, le stress crispe à peine les visages…
15h
À l'auditorium, la situation progresse : les luthiers Éric Aouat à Lyon et Thomas Billoux à Chalon acceptent de nous prêter leurs violons, altos et violoncelles disponibles, souvent d'une grande valeur ; un bassoniste de l'Orchestre de l'Opéra de Lyon nous fournit trois bassons Heckel, mais il faudra impérativement les lui rendre avant demain à 16h pour un concert : rendez-vous est pris quai de Saône sous un platane ; l'Auditorium lyonnais Maurice Ravel prête ses harpes, ses contrebasses et le matériel d'orchestre. À Paris, une boutique nous loue les cuivres et la petite harmonie. Les Conservatoires de Dijon et Chalon se mobilisent. Reste à organiser le transport et à régler les problèmes d'assurances. Un camion part pour Lyon, un autre de Paris.
16h
Les premiers instruments arrivent, parfois apportés par des étudiants des conservatoires de la région venus à la rescousse. Des tables sont installées sur scène : il faut étiqueter les étuis, les instruments et les archets afin de pouvoir les rendre à leurs propriétaires. Les musiciens du LSO et leurs chefs de pupitres essaient, discutent, choisissent. La qualité des instruments réunis les enthousiasment, leur étonnement est visible.
18h
Nouvelle piste : un tubiste bourguignon posséderait un tuba ténor !
19h
Les premiers spectateurs arrivent et apprennent la nouvelle : le concert ne commencera pas avant 21h30. Leur patience sera digne de vrais mélomanes.
20h30
Les cuivres arrivent de Paris. De nombreux problèmes subsistent : il manque des archets, des embouchures, des baguettes. Jusqu'au dernier moment, il faudra trouver des solutions de fortune.
21h15
Le camion bolide revient de Lyon chargé à bloc, après avoir frôlé la crevaison. Distribution des partitions. Valery Gergiev dirigera avec un conducteur de poche qui refuse catégoriquement de rester ouvert... Une fois de plus, le professionnalisme, l'envie de jouer en dépit de tout et la sérénité des musiciens du LSO face au risque laisse pantois.
21h40
Les cloches de vaches et les quatre derniers archets manquants arrivent enfin. Tout le monde sur scène pour le raccord ! Les musiciens ont à peine un quart d'heure pour faire connaissance avec leurs nouveaux instruments.
21h45
Raccord. Tout le monde retient son souffle lorsque les premières notes de la 7e symphonie de Mahler retentissent enfin. Le tuba ténor attaque son solo : toute l'énergie déployée dans la journée semble se concentrer sur cet unique instant. Tout prend sens. Jamais la musique de Mahler n'a semblé aussi nécessaire que ce soir, jamais son appel n'a autant bouleversé. Certains musiciens jouent sur des instruments de grande lutherie, d'autres sur des instruments d'étude, et après quelques mesures de mise en place, le son est magnifique, homogène, habité. La journée a été dure. La soirée sera exceptionnelle.
22h
Les spectateurs, qui ont assisté avec émotion au raccord sur les moniteurs du foyer, entrent en salle. Le concert peut commencer.
23h30
Fin du concert sous les ovations. Certains musiciens demandent si les instruments sur lesquels ils ont joué sont à vendre...
Stephen Sazio
assistant publications et Internet au Duo Dijon
Le 10/03/2008
Stephen SAZIO
18/02/2008D.......OMMAGEJe regrette beaucoup de n'avoir pas pu visiter l'éphémère exposition:
« Depuis quelque temps, j’efface l’œuvre de Marcel Proust. C’est un travail quotidien, obsessionnel, minutieux. Une entreprise absurde, c’est vrai. Une pure perte de temps »
Jour après jour, phrase par phrase, je gomme À la recherche du temps perdu (…) Sous les frottements répétés du côté bleu de mes gommes le texte imprimé disparaît, la plupart des mots deviennent illisibles et, lorsque j’estime avoir atteint le bon degré d’effacement, je tourne la page.
« L’architecture proustienne, temple de la mémoire intime, donc universelle, trouve en cette déconstruction métaphorique l’expression d’une mise en abîme singulière. Au fur et à mesure qu’il se détériore, le livre que je ruine acquiert une autre valeur, authentique, précieuse et rare, celle des choses anciennes et, peut-être, des œuvres d’art… »
« Prendre le temps d’en perdre, ne serait-ce qu’un petit peu. Telle serait, si l’on veut, la devise de mon œuvre “in progress”. Car finalement, et c’est une des leçons de la Recherche proustienne, ne faut-il pas perdre son temps pour pouvoir, un jour peut-être, le retrouver ? »
J.B
Le travail de cet artiste me fascine, heureusement il est possible d'en avoir une idée plus précise en visitant son blog.
http://jbennequin.canalblog.com/
et en consultant son album photo 11/09/2007CENTRAL EUROPE
CENTRAL EUROPE : Symphonie pour le libre-arbitre
Trente ans après « Un tombeau pour Boris Davidovitch » de Danilo Kis , William T. Vollmann publie « Central Europe » en affichant la référence en dédicace et en reprenant la vision kaleïsdocopique pour s’attacher cette fois aux deux totalitarismes, ceux de l’Allemagne nazie et de la Russie stalinienne.
Central Europe est une suite habilement connectée d’histoires, de récits, de portraits d’allemands, de russes, militaires, généraux, artistes, peintre, cinéaste ou compositeur, tous plus ou moins réels parfois tout à fait du domaine fictionnel. Sans condamnation morale, sans exhibitionnisme, le livre peint la façon dont ces hommes et femmes ont réagi aux situations impossibles de l’époque du « somnambule » et du « réaliste », leur caoacité à se créer un peu d’espace pour respirer et survivre ,fût-ce au prix de leur honneur.
On y croise Kähe Kollwitz sculpteur allemande émouvante et manipulée, Paulus le général allemand fidèle au fürher jusqu’à la reddition. Son pendant russe le général Vlassov héros des premiers combats ,passé au camp opposé, Kurt Gerstein le nazi paradoxal plongé dans la machine infernale , qui rêve de révéler au monde l’horreur de la solution finale et se consume de son impuissance. Au dessus de cette fourmilière plane l’histoire du triangle amoureux ,Roman Karmen le cinéaste, Dimitri Chostakovitch le compositeur et Elena Konstantinovskaïa .La belle Eléna que tous convoitent est le personnage positif colonne vertébrale du livre : elle est l’Europe.
Chostakovitch en est le personnage emblématique. Toujours enclin à dire non il n’est jamais capable de le prononcer. Il inscrit sans cesse des références subversives dans ces compositions de commande. Va jusqu'à y inclure des musiques juives en hommage aux victimes du stalinisme . Fait pour finir allégeance au Parti : reddition ou ultime pied de nez pour que survive et se libère son œuvre ? Le magnifique chapitre « Opus 110 » est le sommet du livre.
Ce livre profondément humain, qui est aussi une réflexion sur la place de l’art et de l’artiste est avant tout une symphonie au libre-arbitre, dût-il s’accomplir dans le pires actes…
Symphonie car ce tour de force littéraire doit beaucoup à la forme musicale : moments calmes , déchaînements d’orchestre, douces cordes, envolées baroques, tonnerres de cuivres. Les références musicales sont nombreuses non seulement à la musique de Chostakovitch dans la partie russe ,mais à celle de Wagner pour la partie allemande , en particulier à Parsifal et au Ring . Déjà en exergue le mot de Chostakovitch résumait ce livre :
« La majorité de mes symphonies sont des pierres tombales »
Celles des héros ,des traîtres, des monstres, des artistes ,des hommes libres…
21/08/2007DRUMS WALZE IN HEAVENMax Roach est décédé le 16 août....
For ever....
03/08/2007Theresa Stich-Randall Après Beverly Sills et Régine Crespin, une autre diva des années 1950-1970 nous quitte. Teresa Stich-Randall, qui fit les grandes heures notamment du festival d’Aix-en-Provence, est désormais passée dans l’histoire.
Si Toscanni fut le premier à percevoir les possibilités de cette artiste d’exception, c’est le concours de Genève qui révéla vraiment la jeune cantatrice américaine au monde lyrique en 1951. Elle devait faire carrière sur toutes les plus grandes scènes du monde, du Met de New York à Vienne, de Berlin à Buenos Aires, de Barcelone à Milan, de Rome à Venise.
Timbre d’une pureté unique, voix légère mais solide qui lui permit même de songer à Norma en toute fin de carrière, Teresa Stich-Randall connut certaines de ses plus grandes heures de gloire au Festival d’Aix-en-Provence dans les rôles mozartiens que l’irremplaçable Gabriel Dussurget lui confia. On dit souvent qu’il faudrait deux sopranos différentes pour chanter Donna Anna : une à voix dramatique pour Or sai chi l’onore, une autre à voix plus légère pour Non mi dir. Bien rares en effet sont celles qui ne peinent pas dans l’un ou l’autre de ces deux airs redoutables. À part Joan Sutherland, Teresa Stich-Randall fut sans doute la seule à cette époque à ne démériter ni dans la vaillance ni dans les vocalises.
Ses Donna Anna d’Aix-en-Provence sont inoubliables, et, tout comme ses Fiordiligi en compagnie de la Dorabella de Teresa Berganza, justifiaient que l’on vienne à Aix du monde entier. Face aux grandes équipes viennoises et salzbourgeoises menées par Elisabeth Schwarzkopf, Lisa Della Casa, Irmgard Seefried et quelques autres comme Elisabeth Grümmer, les équipes aixoises menées par les deux Teresa étaient l’autre grand pôle d’attraction mondial des mozartiens fervents.
Comédienne accomplie, avec cette décontraction que seules possèdent les stars américaines – on la rencontrait le matin au Monoprix d’Aix faisant en fichu ses courses avec son petit chien avant d’aller en répétition – elle fut aussi une admirable Comtesse, belle, élégante, émouvante. Mais Mozart ne fut pas son seul champ d’action au plus haut niveau. Le disque garde encore le souvenir de son immortelle Sophie du Chevalier à la rose aux côté de Schwarzkopf et Ludwig, car elle fut aussi une grande straussienne et une remarquable Marie dans Wozzeck.
Kammersängerin de l’Opéra de Vienne dès 1962, elle restera pourtant pour le public français et pour une grande partie des amateurs d’opéra de l’époque l’image emblématique de l’âge d’or du festival d’Aix, quand le Théâtre de l’Archevêché était encore en bois, quand les seuls lieux de rencontre possibles après les spectacles étaient les Deux garçons en haut du Cours Mirabeau et la Rotonde en bas, avant l’invasion des fast food et des multiples terrasses à touristes encombrant les ruelles.
On y découvrait chaque année les jeunes chanteurs dénichés par Dussurget, qui devenaient les stars du lendemain. Autres temps, autres plaisirs. C’étaient ceux du milieu du XXe siècle, époque où personne n’aurait imaginé voir un jour à l’affiche du festival une fracassante Tétralogie avec le Philharmonique de Berlin ! La voix de « Stich », comme nous l’appelions, restera pour tous ceux qui vécurent ces heures magiques, le symbole d’une certaine manière de concevoir la musique et l’idée même de festival.
Le 28/07/2007
Gérard MANNONI
06/07/2007REGINE CRESPIN
On ne saurait réduire à quelques dates et à quelques rôles la vie et la carrière de cette immense personnalité du monde Lyrique. Régine Crespin, qui vient de mourir peu après que l’on eut fêté ses 80 ans, a occupé le devant de la scène lyrique pendant la deuxième moitié du XXe siècle. Bien sûr, elle fut la première Française depuis Germaine Lubin à être invitée au festival de Bayreuth. C’était en 1958, pour chanter Kundry sous la baguette de Knappertsbusch, invitation renouvelée jusqu’en 1961. L’événement était de taille, et fit de la cantatrice une vedette internationale, après quelque dix années de carrière.
Née le 23 février 1927 à Marseille, elle avait en effet débuté dès 1948 à Reims, en chantant Charlotte de Werther, rôle qu’elle reprendrait bien plus tard. Avaient rapidement suivi Elsa, Desdémone et Marguerite puis Tosca, qui resterait un de ses grandes rôles, et aussi la Maréchale du Chevalier à la rose, dès 1951. Cette Maréchale, elle en serait l’une des plus grandes interprètes de notre temps sur les plus grandes scènes du monde et au disque.
Désormais, elle triomphait dans les principaux ouvrages du répertoire italien et allemand, français aussi, avec notamment Didon des Troyens et, plus tard, Carmen, dont elle laissera un enregistrement de référence sous la baguette d’Alain Lombard. En 1962, dans la foulée de sa carrière wagnérienne, elle chanta Senta au Metropolitan Opera de New York, théâtre où elle remporta de magnifiques succès, puis, en 1967, elle fut la Brünnhilde dans la Walkyrie d’Herbert von Karajan au Festival de Pâques de Salzbourg, dont un enregistrement rappelle les splendeurs.
Acclamée partout dans le monde, sa carrière française fut en revanche décevante, sans qu’on sache trop pourquoi, si ce n’est en raison d’un préjugé défavorable frappant à cette époque le chant français. Régine Crespin surmonta avec un immense courage la maladie qui la frappa en pleine carrière.
Femme au caractère bien trempé, aimant la vie, dotée d’un humour sans concessions et d’un franc parler parfois ravageur, elle aborda vers la fin des années 1970 des rôles plus graves ou plus modestes comme celui de la Comtesse dans la Dame de Pique à Varsovie et au Palais des Congrès de Paris, puis se consacra à l’enseignement, au Conservatoire National Supérieur de Musique de la capitale.
Parmi ses multiples enregistrements, elle nous a laissé la plus belle version qui soit des Nuits d’été de Berlioz et de Shéhérazade de Ravel, chez Decca. À ce propos, elle aimait raconter une très belle histoire : « J’ai eu au téléphone un homme qui m’a dit lui avoir sauvé la vie. On venait de lui diagnostiquer un cancer. Préférant en finir vite, il se munit de somnifères et d’une bouteille de whisky. En rentrant chez lui, il passa devant la vitrine d’un disquaire où il vit mon enregistrement des Nuits d’été. Pourquoi ne pas en finir aussi en musique ? Il commença a écouter le disque, resta médusé, ne prit pas ses pilules… et apprit quelques jours plus tard qu’il n’avait, en fait, pas de cancer ! Cette histoire m’a beaucoup touchée. J’ai voulu le rencontrer, mais il a refusé. Je crois pourtant l’avoir entrevu un soir, à la sortie des artistes à Garnier : un homme, le col remonté et un chapeau dissimulant en partie son visage, m’a remis une rose et s’est enfui. J’ai eu le sentiment que c’était lui ! »
Pour tous ceux qui ont vécu cette grande époque du chant que furent les années 1950-1970, Régine Crespin restera l’un des dix sopranos inégalés qui nous enchantèrent et relancèrent le goût mondial pour l’opéra, aux côtés des Callas, Tebaldi, Schwarzkopf, Varnay, Nilsson, Vichnevskaïa, Rysanek, Milanov et Los Angeles.
Gérard Mannoni 01/07/2007DESSINS EROTIQUES DE TUNGA Jusqu'au 28 juillet à la galerie Templon , 30 rue Beaubourg sont exposés une série de dessins érotiques du sculpteur brésilien Tunga (Jose de Barros Carvalho e Mello: de l'utilité d'un pseudo).
Sur papier chiffon des lignes rosées sont tracées à main levée sur un fond de poudre de pastel. Une technique particulière pleine de sensualité.
Ces dessins dégagent une étonnante force érotique. On pense à Picasso et surtout à Masson. Mains, dents, sont des éléments omniprésents. Formes souples du corps, jambes, seins créent la surface. Mains ,dents ,sexes s'encastrent, s'incrustent, pénètrent plis et creux. Mais sont toujours en devenir, en transformation. Sur un dessin excepté , tout visage humain est banni.
lien:http://www.danieltemplon.com/images/tunga07/tunga0.html 19/06/2007CORSELes grecs la nommaient déjà Kallisté: "la plus belle".
A la faveur d'un échange avec Jésus-Voltaire je m'aperçois que mis à part un post sur Pascal Paoli, je n'ai pas parlé de mon pays. Pour le Gayen sus-nommé et tous les amoureux de la randonnée- en Corse et ailleurs- voici un but de rando resté confidentiel jusqu'à ce qu'Alain Gauthier y fasse allusion dans "Corse des sommets " en 2000.
On ne s'y bouscule quand même toujours pas.
Les bains de Vetta di Muro:
Quel que soit l'itinéraire choisi (au départ de Costa) il faut atteindre Bocca à a Madia.
par le versant nord un sentier largement dégradé permet d'atteindre 200m plus bas la source et les cabanes des curistes: bivouac idéal.
La source de Vetta di Muro est déjà citée au début du XVIème siècle par Monseigneur Giustiniani: "Il y a d'autres bains dans la piève de Caccia, près du village d'Asco, dans la vallée appellée Carozzica. Ce sont deux sources ou deux "ochi" d'une eau limpide et claire très agréable à boire et très fraîche. Ces eaux opèrent des guérisons admirables chez les personnes qui souffrent du foie, de fractures ou de quelques obstructions. On peut croire qu'elles acquièrent ces propriétés en passant à travers quelque gisement d'un métal analogue à l'argent" (sic).
En fait il 'agit d'une eau très peu minéralisée, contenant un peu de fluor.
photo matthieu lusinchi
photo alain gauthier
Si cela vous tente...Bonne randonnée, bon coucher de soleil, bon bivouac 17/06/2007RENE CHAR (encore)Parce que ce sont deux des plus beaux vers de la langue française:
Des yeux purs dans les bois
Cherchent en pleurant la tête habitable
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