J'écoute : Quatuors Razoumovsky de Beethoven
Je regarde : Tristan et Isolde
Je lis : "Où j'ai laissé mon âme" d'un écrivain corse(Jérôme Ferrari) prof de philo au lycée d'Ajaccio : superbe
Je joue : avec Lucie, ma petite fille
Je mange : moins!!!
Je bois : de l'eau d'Orezza
Je cite : Hâte toi de transmettre ta part de merveilleux,de rébellion, de bienfaisance sinon tu seras en retard sur la vie , la vie immédiate
Je pense : à mon ourson
(mis à jour vendredi 5 novembre 2010 à 22:55)

03/02/2011

03/02/11 - 13:35

jeu d'Alex

Très simples et souvent demandées:



Gâteau de pommes de terre aux trompettes de la mort
en habit de lard

6 Personnes
6 à 8 grosses pommes de terre à gratin
400g de trompettes de la mort
Une douzaine de tranches fines de lard fumé
2 ou 3 échalotes ou une grosse
Crème liquide et crème épaisse
Poivre , sel, muscade
Chair à saucisse (l’équivalent de 6 saucisses d Toulouse)
Persil, cerfeuil, ciboulette.
Faites fondre les échalotes hachées dans du beurre chaud. Ajoutez les trompettes et l’ail haché et faites-les sauter sur feu vif jusqu’à évaporation totale de l’eau rendue. Salez, poivrez. Portez la crème liquide à ébullition avec du sel , du poivre , une pincée de muscade. Versez-la sur les champignons puis laissez réduire et épaissir sur feu doux.
Faites rissoler le hachis de porc avec des échalotes hachées 10min dans une poêle pour le dégraisser. Salez poivrez.
Incorporez le hachis de porc, la préparation aux trompettes , un œuf battu en omelette, quelques cuillerées d’herbes.
Tranchez les pommes de terre en fines rondelles.
Garnissez les parois et le fond d’un plat à gratin beurré de tranches de lard. Remplissez de rondelles de pomme de terre( 3 épaisseurs) garnissez de la préparation hachis/trompettes. Alternez couche de pomme de terre et couche de préparation au lard. Terminez par une couche de pommes de terre et recouvrez du lard dépassant .
Mettez au four préalablement chauffé à 210° baissez à 180° à l’introduction du plat.
Laissez cuire 1h30
Démoulez et retournez sur le plat de service en parsemant d’herbes.




Variante plus douce de la traditionnelle
Salade harengs-pommes à l'huile

Pommes de terre type rattes :750g
Harengs doux : matjes :4-5filets
Oignons rouges doux : 2
Roquette : 1 poignée
1 Pomme Granny-Smith
Ciboulette
Jus de 2 citrons
Vinaigrette : vinaigre de cidre 4 c à soupe
Huile arachide ou neutre 2 à 3 c à soupe
Miel de printemps ou acacia 2 c à soupe
Sel poivre
Cuire les pommes de terre 20mn à l’eau bouillante salée.
Couper la pomme en bâtonnets, les plonger dans le jus de citron pour éviter qu’ils s’oxydent
Couper les oignons en fines rondelles.
Couper les harengs en lamelles (2cm) dans le sens de la largeur
Fouetter les ingrédients de la vinaigrette.
Disposer les pommes de terre épluchées encore chaudes dans un saladier.
Napper de la vinaigrette
Ajouter les oignons , harengs , roquette .
Mélanger
Parsemez des bâtonnets de pomme et de la ciboulette ciselée




29/12/2010

29/12/10 - 10:58

S.O.S

http://www.facebook.com/pages/Gaza-Youth-Breaks-Out-GYBO/118914244840679

21/12/2010

21/12/10 - 13:20

Le Musée de "A la recherche du temps perdu" 2

L'exposition Bronzino à Florence me donne l'occasion de sauter quelques chapitres de "La Recherche" pour évoquer un tableau qui y est exposé mais qu'on peut voir habituellement au Palais Pitti.

Dans "La prisonnière" alors que le Narrateur et le Baron de Charlus arrivent ensemble chez les Verdurin ce dernier ne tarit pas d'éloges sur Morel son "violoniste protégé":

"Admirant tout chez Morel, ses succès féminins, ne lui portant pas ombrage, lui causaient une même joie que ses succès au concert ou à l'écarté. "Mais mon cher, vous savez, il fait des femmes", disait-il d'un air de révélation, de scandale, peut-être d'envie, surtout d'admiration. "Il est extraordinaire, ajoutait-il. Partout les putains les plus en vue n'ont d'yeux que pour lui. On le remarque partout, aussi bien dans le métro qu'au théâtre. C'en est embêtant! Je ne peux pas aller avec lui au restaurant sans que le garçon lui apporte les billets doux d'au moins trois femmes. Et toujours des jolies encore. Du reste ce n'est pas extraordinaire. Je le regardais hier, je les comprends, il est vraiment devenu d'une beauté, il a l'air d'une espèce de Bronzino, il est vraiment admirable."
Mais M. de Charlus aimait à montrer qu'il aimait Morel, à persuader les autres, peut-être à se persuader lui-même, qu'il en était aimé.





L'allusion est faite à "une espèce de Bronzino" mais j'incline à penser que le portrait de Guidobaldo della Rovere possède en l'occurence des "atouts" particuliers.
Tout y semble tracé pour que les regards convergent vers l'impressionnante " braghetta imbottita" rouge jaillissant de sous l'armure. J'aime à penser que le Baron de Charlus n'y était pas insensible et que la comparaison avec Morel s'enrichissait d'une part de "non-dit" de la part de Proust.



PS pour Adolar qui connait mes sources...Que penses-tu de mon choix?

16/12/2010

16/12/10 - 16:42

Le Musée de "A la recherche du temps perdu"

"A la recherche du temps perdu" abrite une vaste collection de peintures. Les tableaux sélectionnés par Proust fonctionnent de manières diverses pour illustrer ou étayer son propos: par analogies descriptives, par métaphores, symboles, quelques fois même à plusieurs niveaux simultanément.

Du côté de chez Swann-1

(obligé d'aller se coucher sans avoir reçu le baiser-viatique de sa mère Le Narrateur veille encore après le départ des invités (Swann). Il craint la réaction de ses parents.
Celle de son père, bienveillante, le surprend):

..."On ne pouvait pas remercier mon père; on l'eût agacé par ce qu'il appelait des sensibleries. Je restai sans oser faire un mouvement; il était encore devant nous, grand, dans sa robe de nuit blanche sous le cachemire de l'Inde violet et rose qu'il nouait autour de sa tête depuis qu'il avait des névralgies, avec le geste d'Abraham dans la gravure d'après Benozzo Gozzoli que m'avait donnée M.Swann, disant à Sarah qu'elle a à se départir du côté d'Isaac."




Carlo Lasinio d'après Benozzo Gozzoli: le sacrifice d'Abraham
gravure Galerie des Offices , Florence

Il n'existe pourtant nulle trace dans les écritures de la présence de Sarah lors de l'épisode du sacrifice d'Isaac. C'est une pure création littéraire qui permet à Proust de suggérer le rapprochement Narrateur-victime sacrifiée (il vient de murmurer l'instant d'avant: "je suis perdu")
et Père- Abraham suspendant le mouvement de son bras.
L'association avec le tableau fonctionne à deux niveaux l'un purement descriptif du turban noué sur la tête l'autre avec le sujet même du tableau.
sources: Eric Karpeles
Juliette Hassine

08/12/2010

08/12/10 - 16:43

centenaire d'Eugène Leroy

Alors que j’étais au collège, j’avais eu la chance de visiter l’atelier d’Eugène Leroy.





Il était alors professeur de français de certains de mes amis dans un collège de Roubaix. Sa peinture était reconnue localement, il avait déjà exposé dès 1937, mais il a lui a fallu attendre les années quatre-vingt pour que sa renommée passe les frontières avant d’atteindre Paris.
Se tenant à l’écart de toutes les écoles de toutes les tendances il a cherché toute sa vie à faire pénétrer la lumière dans ses toiles. Nus, têtes, couples, paysages ont toujours été les seuls prétextes pour ce peintre amoureux de la vie . Partant d’un geste sûr il accumulait ensuite la matière picturale en couches successives de pigments à l’huile, reprenant sans cesse ses toiles.
Il y en avait partout, débordant de la toile dans tout l’atelier.
Les toiles étaient reprises des mois, voire des années, le motif complètement dissous dans un empâtement de sédiments colorés. La restauratrice qui a œuvré sur les toiles pour préparer cette exposition a déclaré :
« Sa spécificité était qu’il était insatisfait de son travail, explique Grazia Nicosia. Il revenait inlassablement sur ses toiles. Les couches s’amoncelaient et on arrive à avoir des œuvres qui font plusieurs centimètres et plusieurs dizaines de kilo. S’il y a une spécificité matérielle des œuvres de Leroy, c’est la présence des couches très épaisses à l’huile. Dans les couches profondes, la couche reste visqueuse. On se retrouve dans un système géologique, on a une croûte terrestre sous un magma visqueux et des œuvres complètement autonomes et vivantes. »

L’exposition du centenaire au musée de Tourcoing qui hébergera la donation Leroy, n’est pas vraiment une rétrospective mais donne à voir les différents aspects de l’œuvre. Dans une « grande galerie » au mur bleu sont accrochées 19 toiles de 1,9m de haut, l’effet est saisissant. Chacun peut y trouver la bonne distance pour contempler les toiles, s’approcher à loisir pour observer les enrochements, les vallées, les aplats accumulés ou creusés dans la masse colorée. Et reprendre de la distance pour se laisser gagner par l’émotion.






La visite se poursuit dans des salles plus intimes avec des toiles de format un peu plus réduit
plus proches






Par le très mauvais temps qui régnait samedi dernier sur la région, nous n’étions pas plus d’une dizaine en début d’après-midi pour visiter l’exposition. Même dans ces conditions il faudrait pouvoir y revenir, cette peinture fascinante demande à être longuement contemplée.

18/10/2010

18/10/10 - 22:09

couleurs de la mer du nord

Je l'ai quittée il y a trente huit ans pour les rivages de la Méditerranée. J'y reviens parfois, et j'ai eu la chance de la retrouver, parée de toutes ses couleurs, ce 03 Octobre dernier.
Les photos sont mal définies, prises avec un portable basique à 1Mpix, de plus à travers les fenêtres d'un appartement. Mais, preuve à l'appui, je ne laisserai plus jamais dire qu'elle a une couleur d'eau de vaisselle.












04/07/2010

04/07/10 - 11:59

Tête d'or

en hommage à Laurent Terzieff qui avait bouleversé mes quinze ans.

Me voici,
Imbécile, ignorant,
Homme nouveau devant les choses inconnues,
Et je tourne ma face vers l'Année et l'arche pluvieuse,
j'ai plein mon coeur d'ennui!
Je ne sais rien et je ne peux rien. Que dire? que faire?
A quoi emploierai-je ces mains qui pendent, ces pieds
Qui m'emmènent comme le songe nocturne?
La parole n'est qu'un bruit et les livres ne sont que
du papier.
Il n'y a que moi ici. Et il me semble que tout
L'air brumeux, les labours gras,
Et les arbres et les basses nuées
Me parlent, avec un discours sans mots, douteusement.
Le laboureur
S'en revient avec la charrue, on entend le cri tardif.
C'est l'heure où les femmes vont au puits.
Voici la nuit. - Qu'est-ce que je suis?
Qu'est-ce que je fais? qu'est-ce que j'attends?
Et je réponds : Je ne sais pas! et je désire en moi-même
Pleurer, ou crier,
Ou rire, ou bondir et agiter les bras!
" Qui je suis? " Des plaques de neige restent encore,
je tiens une branche de minonnets à la main.
Car Mars est comme cette femme qui souffle sur un
feu de bois vert.
- Que l'Eté
Et la journée épouvantable sous le soleil soient oubliés!
ô choses, ici,
Je m'offre à vous!
Je ne sais pas!
Voyez-moi! j'ai besoin,
Et je ne sais pas de quoi, et je pourrais crier sans fin
Tout haut, tout bas, comme un enfant qu'on entend
au loin, comme les enfants qui sont restés tout seuls,
près de la braise rouge!
O ciel chagrin! arbres, terre! ombre, soirée pluvieuse!
Voyez-moi! que cette demande ne me soit pas refusée,
que je fais!

03/07/2010

03/07/10 - 18:01

fin de la balade





J'avais quinze ans, à l'Odéon il était Cébès dans Tête d'or, aux côtés d'Alain Cuny.

21/06/2010

21/06/10 - 13:47

Après Ormegris et Paragoon-Palladium

Encore une ancolie, celle-ci endémique Corse , Aquilegia Bernardii.
Ancolie de Bernard, dont le nom commun corse est délicieusement poétique: " Amore piattu"
Elle figurait déjà dans les photos de mon portrait car, comme la pivoine de Corse, j'aime la rencontrer dans mes randonnées printanières.

12/05/2010

12/05/10 - 14:35

au vol, dans la lecture du moment

"Hammerstein ou l'intransigeance"
Hans Magnus Enzensberger
ISBN 978-2-07-012196-0

page 81

Un jour qu'on lui demandait de quels points de vue il jugeait ses officiers, il dit: "Je distingue quatre espèces. Il y a les officiers intelligents, les travailleurs, les sots et les paresseux. Généralement ces qualités vont par deux. Les uns sont intelligents et travailleurs, ceux-là doivent aller à l'état-major. Les suivants sont sots et paresseux; ils constituent 90% de toute armée et sont aptes aux tâches de routine. Celui qui est intelligent et en même temps paresseux se qualifie pour les plus hautes tâches de commandement, car il y apportera la clarté intellectuelle et la force nerveuse de prendre les décisions difficiles. Il faut prendre garde à celui qui est sot et travailleur, car il ne provoquera jamais que des désastres."

02/05/2010

02/05/10 - 00:16

séjour parisien


Après cette visite au Louvre puis au Grand Palais pour la très réussie exposition Turner, dont il faut saluer la muséographie exemplaire, la cerise sur le gâteau aurait pu être trouvée au Musée Marmottan.

Vient de s'y ouvrir une exposition mineure sans doute mais tout à fait délicieuse qui évoque les "Femmes peintres et salons parisiens au temps de Proust". Au rez-de-chaussée on passe ainsi du Salon de la Princesse Mathilde à celui de la Princesse de Polignac, de Madeleine Lemaire et de Marguerite de Saint-Marceaux tels que Proust les décrivait dans ses chroniques du Figaro.




Cette toile de Madeleine Lemaire qu'on peut voir au Musée Carnavalet ne figure pas dans l'exposition mais donne une exacte idée de l'ambiance qui y est recréée.
D'autres toiles de Louise Abéma, Rosa Bonheur, Mathilde Herbelin Madeleine Lemaire et Berthe Morisot complètent l'exposition




La meilleure surprise de ce court séjour parisien vient pourtant de la rencontre d'un Gaïen et des moments avec lui partagés.

01/05/2010

01/05/10 - 23:16

Au Louvre

Profitant de la visite de la somptueuse exposition"Sainte Russie " au Louvre je suis passé salle des bronzes et j'ai été bien déçu par la décoration de Cy Twombly, un artiste que j'apprécie beaucoup. Dans la salle Henri II voisine, le plafond restauré il y a quelques années et décoré par Braque au début des années 60 a une autre allure.



J'ai au contraire beaucoup aimé les nouveaux vitraux que François Morellet a installé dans le majestueux escalier Lefuel





Recherchant des documents sur cette récente réalisation , je suis tombé sur le discours prononcé par notre ministre de la culture lors de l'inauguration en janvier dernier:

Monsieur le Président, cher Henri LOYRETTE,
Cher François MORELLET,
Cher Jean-François CIRELLI,
Mesdames, Messieurs,
Chers amis,
« L’esprit d’escalier » ou « l’esprit de l’escalier » : vous jouez déjà, avec
esprit, sur cette locution que j’ai toujours trouvée très savoureuse, et qui a
été sinon lancée, du moins immortalisée par Jean-Jacques ROUSSEAU,
dans les Confessions : il y avoue qu’il souffre de son manque d’à propos, si
nécessaire pourtant en ces temps de sociabilités mondaines. Il se plaint
d’être toujours en retard d’une réplique, un peu comme on rate une marche,
et, pour se consoler, se dit qu’il pourrait faire une magnifique « conversation
par la poste ». ce qu’il n’a pas manqué d’ailleurs de faire : cette
conversation s’appelle La Nouvelle Héloïse… Mais ceci est une autre
histoire…
Car dans votre cas, et dans le cas des réalisations que j’ai le plaisir
d’inaugurer aujourd’hui, c’est bien sûr l’effet d’une charmante autodérision
de parler d’esprit d’escalier, en même temps qu’un bel esprit d’à propos, car
ces vitraux très riches très soignés et tout simplement très beaux confèrent
vraiment un esprit tout à fait particulier à cet escalier LE FUEL, conçu au
second Empire avec toute la majesté imaginable et que votre travail allège
alors qu’il s’y ajoute. C’est là l’effet de l’insoutenable – que dis-je de la
remarquable – légèreté de votre art.
Cette légèreté, elle va bien avec le terme d’« esprit » que vous avez choisi.
Car autrefois, l’esprit d’un écrivain, par exemple, cela voulait dire sa
quintessence, c’étaient des pages choisies qui illustraient l’essentiel de son
caractère. Et c’est bien sûr dans ce sens-là qu’il faut comprendre votre
« esprit d’escalier », car sous leur air discret, vos vitraux nous offrent aussi
cette quintessence réduite à la structure, aux lignes essentielles, ils
débrouillent, désépaississent et allègent pour nous la dignité et la pompe de
cet escalier Napoléon III. Ainsi, ne nous y trompons pas, même s’ils le font
avec une ironie subtile et presque subreptice, vos vitraux mettent en valeur
cet escalier en le délestant de ce qu’il pourrait avoir peut-être, à nos yeux,
d’un peu grandiloquent dans leur ornementation. En même temps, ils
rappellent les lignes et les vitres de la plus célèbre installation pérenne de
ce Musée – ou plutôt « intégration » pérenne pour reprendre un terme qui
vous est cher et qui décrit parfaitement votre travail – la pyramide de PEÏ, à
laquelle ces vitraux rendent aussi, à leur manière, un hommage discret.
Mais cette quintessence n’est pas seulement un miroir volontiers déformant,
amincissant en tout cas, et révélateur, d’une architecture intérieure
prestigieuse, elle est aussi une ouverture sur le monde de la lumière bien
sûr, mais au-delà, sur celui de l’imagination.
Car le caractère légèrement opaque et néanmoins translucide de ces opales
que vous utilisez, dans une sorte de dégradé de gris, qui, lui aussi, avec une
discrétion plus éloquente que ne pourra jamais l’être l’exubérance, épouse les
lumières du jour et de la nuit.
Et les lignes que vous décrivez libèrent l’imagination.
Ce n’est plus « l’esprit d’escalier » qui règne, mais un mixte réussi entre
« l’esprit de géométrie » et « l’esprit de finesse » chers à Blaise PASCAL.
C’est un jeu subtil d’attente et de surprise qui littéralement « fait bouger les
lignes ». C’est un art du décalage qui crée du mouvement et ne se contente
pas de recevoir les changements de lumière. Ces formes font penser
d’ailleurs à des cadrans solaires joyeusement déréglés, des montres de DALI,
mais sans l’ostentation, avec un art de la sourdine qui les distingue. On
rencontres des aiguilles folles, des balancements de pales de moulin qui
rappellent le DON QUICHOTTE de CERVANTES, ce premier maître en
ironie, une posture où vous excellez. Il y a là toute une mémoire des schémas
et des rêves des inventeurs, des géomètres, des oculistes savants et des
astronomes, comme celui de VERMEER qui veille dans ces murs mêmes,
des « plans sur la comète » que vous nous indiquez avec tact et avec
humour, sans emphase et sans jamais bien sûr « abolir le hasard »…
Ces décalages constants sans aucun « esprit de système », qui jouent sur le
rythme syncopé d’intersections fugitives, jamais vraiment réalisées, semblent
appeler instamment à un réglage du regard, une version curieusement
raisonnée et furtivement efficace du « dérèglement de tous les sens » cher au
« voyant » que chante RIMBAUD.
Tout cela nous entraîne, humblement, mais magistralement, à rien moins
qu’une rééducation de l’oeil, hautement nécessaire pour les spectateurs d’un
musée qui vont se diriger vers les salles auxquelles mènent ces marches :
Moyen Âge, Renaissance, premier et second Empires de l’autre… Le
dépouillement et, au sens propre, l’abstraction de votre travail sont un appel à
la virginité du regard, indispensable pour une rencontre véritable avec les
oeuvres exposées.
Voilà, je n’ai sans doute pas épuisé tous les « degrés » auxquels peut se
comprendre votre « esprit de l’escalier », mais il est temps maintenant de me
tourner aussi vers ceux qui ont permis sa réalisation : les maîtres-verriers des
« Ateliers LOIRE » d’abord, qui viennent de Chartres et sont donc plutôt à
bonne école en matière de vitraux, mais aussi le généreux mécène GDFSUEZ
représenté ici par son vice-président Jean-François CIRELLI. Je
remercie aussi le CERCLE DES JEUNES MECENES, et enfin le Centre
National des Arts Plastiques pour le choix très judicieux d’un artiste qui sait
innover tout en respectant le génie du lieu.
Je vous remercie.

08/04/2010

08/04/10 - 13:59

La centrale




Dans un premier roman surprenant, au fil de 144 pages totalement maîtrisées, Elisabeth Filhol décrit le quotidien d'ouvriers intérimaires dans le nucléaire. Elle plonge au coeur du réacteur et nous livre avec cette "CENTRALE" Moloch une métaphore du monde moderne et de ce qu'il exige de l'homme.

La précision documentaire (par exemple la description froide et disséquée de la catastrophe de Tchernobyl à l'usage des cours de formation) se tisse avec une narration très humaine, très chaleureuse au plus près des personnages. En usant d'une phrase longue semée d'incises pour observer et décrire ou au contraire courte et vive pour rendre les pensées, les angoisses des personnages.

P.O.L.
ISBN :
978-2-84682-342-5


23/02/2010

23/02/10 - 12:09

RACHMANINOV ? TCHEKOV ?

Nikita Mikhalkov évoquait récemment un de ses peintres préférés: Isaac LEVITAN
Je ne connaissais pas, j'ai cherché sur internet, j'y ai trouvé une sérieuse envie d'aller visiter à Moscou la Galerie Tretyakov


J'ai déjà ma concession à perpétuité dans un petit village de Corse...



LE SOIR, PYLOS DORE (là, c'est bien le titre du tableau)



J'ENTENDS LES CLOCHES DU SOIR



l'idée me tente d'aller faire retraite dans ce MONASTERE PAISIBLE


AUTOMNE



VLADIMIRKA la route Vladimir
Boueuse, plate, vide, insignifiante...?
C'est celle qu'empruntaient les déportés pour la Sibérie...

08/02/2010

08/02/10 - 22:28

Sur FR3 hier soir

J'ai regardé avec plaisir hier soir sur FR3 "La viaccia" de Mauro Bolognini que je n'avais pas revu depuis sa sortie alors que je devais être en première ou terminale.
Je l'ai redécouvert et suis persuadé que la comparaison avec ceux de Visconti l'a rejeté dans l'ombre et qu'il mérite beaucoup mieux.
C'est un film d'une grande beauté formelle. Ambiances vaporeuses, décors chargés et oppressants de la maison close, claire campagne toscane. On y retrouve le contexte politique et social qui lui est cher et dans dans lequel il situe le drame passionnel.
Et le personnage récurrent de ses films qui n'arrive pas à trouver sa place où que ce soit dans ce monde.

24/01/2010

24/01/10 - 16:38

Yannis TSAROUCHIS

Juste pour vous donner l'envie d'en savoir plus, si ce n'est déjà fait...

http://www.polychromes.fr/spip.php?article337 et au gré de votre surf.







13/01/2010

13/01/10 - 15:09

courbes, vagues

Pas très couleur locale ces couleurs grises! Mais au bord de la Méditerrannée on sait apprécier les belles courbes... Celles-ci, effectivement très sensuelles, provoquées seulement à l'embouchure par le fleuve (le Liamone) gonflé de pluies dans une mer pas trop forte. Pour la plus grande joie des surfers...

05/01/2010

05/01/10 - 14:10

PAYSAGES DE BALTHUS (suite)


Grand paysage avec vache1959-1960 col.part.


Grand paysage 1960 col.part.

Deux paysages vus de la fenêtre de l'atelier. Le premier opposant bien un espace "plein" où le temps s'écoule paisiblement au pas du laboureur qui semble nous faire signe, un autre "vide" au temps suspendu. On retrouvera encore ailleurs cette opposition issue de la culture et de la peinture chinoise.

En particulier dans "Cour de ferme à Chassy" 1960 qu'on peut admirer au MNAM Centre Pompidou , que je ne me lasse pas d'aller revoir et devant lequel je reste chaque fois longuement


Tableau hivernal mais éclatant de lumière. Le contraste s'établissant entre la zone d'ombre des deux cours et la zone lumineuse des champs.
Les deux s'interpénétrant par le biais des branches de l'arbre et les faisceaux de lumière qui zèbrent la cour.

04/01/2010

04/01/10 - 23:29

PAYSAGES DE BALTHUS

Karacho a publié récemment sur son journal(23/12/09) une très belle photo qui a évoqué pour moi la peinture de paysage de Balthus sans que je puisse en donner immédiatement la raison.
J'ai recherché dans le souvenir des tableaux vus lors des différentes expositions à Paris, Venise et Martigny. Aucun en particulier ne semble m'avoir directement inspiré cette réflexion.
Pourtant c'est bien le même calme. L'inactivité. Le temps comme suspendu.


Ici un paysage hivernal baigné d'un soleil pâle que les longues ombres traversent en soulignant ou redoublant la ligne des haies.


Grand paysage avec arbre ou le champ triangulaire 1955 col. part.

On distingue à peine au centre de la zone déjà envahie par l'ombre la silhouette bleue d'un homme de dos qui marche en levant le bras. Il semble héler le cheval qui broute un peu plus loin. Très discrète manifestation de vie dans ce paysage mélancolique et serein


Le même paysage, printanier celui-ci.Un bouquet de roses donne à la composition une note intimiste inhabituelle chez Balthus.

Bouquet de roses sur la fenêtre 1958 musée d'Indianapolis


et encore

Paysage à l'étang 1956 col.part.



Ici quatre vaches cheminant le long du chemin créent un simulacre de mouvement

La vallée de l'Yonne 1955 musée d'art moderne Troyes

Dans une autre version le tableau s'étage aussi en paliers horizontaux successifs mais le regard s'est attaché au centre du paysage comme vu à l'aide d'une lunette grossissante et le ciel à disparu. La vision est plus concentrée, plus dense, baignée d'une lumière diffuse.


La vallée de l'Yonne 1957 musée Picasso d'Antibes

Ce sont sans doute ces quelques tableaux qui ont le plus suscité ma réflexion.

Je mets à part l'un des tous premiers paysages que j'aime beaucoup. Sa construction est toute imprégnée de la peinture italienne de la Renaissance et du "nombre d'or".


Mais dans tous les autres paysages de Balthus on peut ressentir cette ambiance dont j'ai retrouvé l'écho dans la photo du post de Karacho.



à suivre

12/12/2009

12/12/09 - 14:52

encore plus déloyal, voir 23-11-09



Cet iris ne sait plus très bien où il est

Dans six semaines les mimosas seront en fleurs